Gilles

VAUTIER

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Nationale 7 : Orange-Saint Étienne

La semaine dernière, ma mère s’est éteinte. Alors, j’ai pris sa voiture, mon boîtier et je suis allé sur la Nationale 7.

En route pour de nouvelles aventures !

Le ciel est d’un bleu incroyable. Il fait dans les 30 degrés. Je roule sur la route mythique. Peu de voitures. La veille, samedi 3 août, m’a-t-on dit, il y avait des bouchons de dingue. Autant sur la Nationale que sur l’autoroute. Il semble que ce ne soit plus le cas.

Orange est désormais derrière moi. Je roule paisiblement – 70 km/h ! – sur la Nationale 7. Très vite, les vestiges de sa gloire surgissent.

Ici, une ancienne station-essence, en face d’un hôtel près qu’abandonné. Là, un vieux garage… J’en profite pour vous demander votre avis. Les photos: couleur ou noir et blanc ?

J’hésite. Alors, cadeau, je vous les présente dans les deux versions.

N’hésitez pas à m’écrire. J’adore les deux et je ne sais trop laquelle adopter.

Il n’est pas toujours facile de se garer pour photographier ces souvenirs.

Les demi-tours peuvent être périlleux. Louper une photo à faire signifie rebrousser chemin le plus rapidement possible. Les ronds-points ne sont pas réguliers et je me tape souvent des kilomètres pour un cliché. Le Fer à Cheval, par exemple… Le photographier a fait l’objet d’un demi-tour cinq kilomètres plus loin. C’était certainement un hôtel. Il est devenu une maison. Mais son enseigne – comme son nom – a de la gueule.

La même, en noir et blanc

Plus j’avance et plus mon oeil découvre des trésors…

Il y a un bled perdu sur la Nationale 7. Il s’appelle Les Reys de Saulce. Perdu parce que personne ne semble vivre dans ces quelques maisons construites le long de la route. Des voitures garées me prouvent le contraire.

Je vois des publicités d’une autre époque. Elles sont là, depuis toujours. Le temps a fait son travail mais les marques des réclames sont bien visibles. Je suis donc allé chercher ce que je pouvais trouver sur mon smartphone…

La marque Diener est d’origine allemande et la publicité la plus récente que j’ai pu trouver sur Internet date de 1957 ! Les bières Zénith proviennent de la Brasserie Zenith – jusque là, tout va bien – située à Marseille et qui changera de nom en 1965… Donc, si vos cerveaux ne sont pas trop fatigués de tant d’informations, il est logique de penser que j’avais à peine trois ans quand ces publicités ont été peintes… Ce qui vous donne une idée de mon âge.

Comment ne pas vous parler du Pélican ?

Ah lui, je l’ai repéré de loin. Sa silhouette massive se détache bien dans le ciel immensément bleu. C’est comme Ulysse face au chant des Sirènes, je suis incapable de résister. Je gare la voiture.

L’établissement a du avoir une belle existence. Il y a une terrasse ombragée, beaucoup de fenêtres – donc, beaucoup de chambres – et une entrée défraichie, certes, mais tellement sobre. J’imagine les bruits des familles qui entrent et sortent. Le brouhaha des voitures qui démarrent pour continuer leurs périples. Il me vient à l’esprit des photos de Doisneau. Le Maître s’était bien amusé à photographier ces vacanciers d’une autre époque.

Je roule. Les relais pour Routiers se succèdent. Certains sont même ouverts. D’autres simplement fermés parce que nous sommes dimanche.

Je prends la direction de Donzère où a survécu un ancien relais restaurant de la grande époque. Même si je ne compte pas m’y arrêter, j’ai un cap à suivre. Après, direction Montélimar.

Question culinaire…

Après avoir mangé une salade Caesar plus que moyenne dans le restaurant du Palais des Bonbons et du Nougat… D’ailleurs, je profite de ce blog – qui est le mien – pour souligner une évidence tellement importante : pourquoi chaque cuisinier de France, qu’il soit bon ou mauvais, se croit obligé de revisiter la recette de cette salade américaine ? Dans cette salle à la décoration douteuse, je mange une salade inondée de Balsamique quand normalement , elle est servie avec une sauce à l’ail…

Bref, passons ce chapitre culinaire moyen et reprenons notre Nationale 7.

En route pour Valence.

Le chef-lieu de la Drôme est inondé de soleil. La phrase, dans cette élégance estivale que je lui donne, ne dit pas que ça cogne sec. Il doit faire 33 degrés.

Après avoir garé la voiture, je marche dans le Parc Jouvet. Il semble que ce soit le rendez-vous des valentinois, c’est ainsi que se nomment les habitants de la ville.L’espace vert est magnifique. Soigneusement entretenu, beaucoup de familles se prélassent, sous la protection rafraichissante des arbres.

Le parc Joubert

Le chef-lieu de la Drôme n’est pas très loin de Montélimar. Je mettrai une heure à l’atteindre. Après avoir garé la voiture dans un parking climatisé, je marche vers le parc Joubert, qui semble être l’espace vert de Valence. Les valentinois – ainsi se nomment les habitants – s’y prélassent, sous l’ombre protectrice des grands arbres. Je vous le dis, même si le cadre est accueillant, le soleil cogne de toutes ses forces. Marcher dans ce parc se révèle être une erreur. Je prends la direction de la cathédrale Sainte-Apollinaire.

Ici, comme dans toutes les églises, il fait frais. Il n’y a pas de bruit. Elle n’a pas grand chose de particulier, cette cathédrale. L’endroit est dédié à la prière. Je prends quelques photos. D’ailleurs, j’active toujours le mode silencieux pour ne pas déranger d’éventuels fidèles. Et je sors. La chaleur implacable reprend ses droits.

Sur la placette ombragée où j’ai trouvé refuge, je regarde l’heure. J’avais prévu de rester dormir à Valence. Il n’est pas tard. Je vais pousser sur Saint-Etienne.

La route qui m’emmène vers la ville verte n’est pas très jolie.

Je quitte la Nationale 7. Elle part vers Lyon et sera absorbée par l’autoroute. Ce n’est pas le but de ce road trip. J’emprunte une petite départementale qui sillonne joyeusement les collines de Condrieu. Un peu trop, même. Les paysages ont désormais changé. Les horizons de Provence ont été peu à peu remplacés par les monts des Cotes du Rhône. Mon Dieu, comme je savoure ces moments. J’ai toujours ma mélancolie comme passagère mais elle est plus discrète.

Finalement, les collines stéphanoises se profilent à l’horizon. La route s’agrandit et se transforme en vilaine autoroute. Signe que la ville est proche. Je ne suis pas mécontent, l’idée de me poser me convient. Je reprendrai la route demain. Non sans avoir fait quelques photos…

La semaine dernière, ma mère s’est éteinte. Alors, j’ai pris sa voiture, mon boîtier et je suis allé sur la Nationale 7.

I love you. All of you. And Lulu.

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