Gilles

VAUTIER

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Deuxième journée de Road Trip

Nous continuons sur la Great Ocean Road, toujours dans la direction d’Adélaïde. La route est belle et chaque Ocean Lookout – panorama de l’océan – réserve à chaque fois de merveilleuses surprises.

Je pourrais vous décrire notre rencontre avec les koalas perchés sur les arbres, en allant découvrir le phare de Cape Otway. Je vous promets que je gratterai un article sur l’incroyable envahissement touristique chinois. Ils sont des milliards – si, si, je vous jure – à vouloir visiter cette route fabuleuse. Moi qui aime la tranquillité…

Cinq cent millions de chinois… Et moi, et moi, et moi…


Cette deuxième journée a été marquée par l’histoire du Loch Ard, un magnifique clipper qui s’échoua le 31 mai 1878 sur ces falaises déchiquetées par l’attaque des vagues et le travail incessant de l’érosion.

Maquette du Loch Ard


Le bateau partit des rives de Gravesend, en Angleterre, pour l’Australie, avec, à son bord, 54 personnes (18 passagers, 36 membres d’équipage) et plus de 2275 tonnes de matériel. Partir à l’époque etait loin d’être une paisible croisière. La navigation n’avait rien d’électronique, les tempêtes ne se devinaient pas 24 heures à l’avance. Les naufragés étaient nombreux dans cette région. Les navigateurs se trompaient régulièrement sur la position de leurs navires. Ceci expliquant cela, on compte une centaine de bateaux à s’être échoués sur les falaises de cette région.

The loch Ard Bay : c’est ici que s’échoua le navire.


Le capitaine Gibb essaya de sauver le Loch Ard par tous les moyens. D’abord, il ordonna de lever les voiles au maximum mais rien n’y fit, le bateau ne changea pas sa direction. Ensuite, il lâcha les ancres pour que celles-ci stoppent la terrible course. Ca ne changea rien. Au contraire, cela accéléra les choses. Conscient qu’il ne lui restait plus grand chose à faire, Gibb ordonna qu’on coupe les ancres et qu’on mette toutes voiles dehors. Il fallait à tout prix éloigner le Lord Arch des falaises.

Le plan sembla fonctionner. Malheureusement, le vent se leva alors, entraînant le clipper vers les falaises. Sur les 45 personnes prises dans ce piège implacable, seuls deux survécurent : Tom Pearce et Eva Carmichael. Lui est un jeune marin qui n’en est malheureusement pas à son premier naufrage. Elle est la seule survivante de toute la famille de ce riche chirurgien irlandais qui comptait, pour des raisons de santé, s’installer sous le soleil australien.

Tom entendit les cris de la jeune fille et réussit à la sauver. Il la réchauffa à coups de brandy et les deux jeunes gens s’endormirent, épuisés. Quand Eva se réveilla, Tom était parti chercher des secours. Entendant les cris des équipes venues la sauver, la jeune fille crut qu’il s’agissait d’aborigènes et se cacha, morte de peur. Puis, entendant des “yes”, Eva se montra enfin.

Eva Carmichael

Tom Pearce


Les australiens auraient adoré marier ce couple sauvé des eaux. Après tout, l’histoire était plus que romantique. Mais Eva, après s’être remise en forme, préféra retourner en Irlande où elle vécut le restant de sa vie.

Eva et Tom


Allez savoir pourquoi ce drame vieux de près de 150 ans nous a touchés. Voir cette mer impitoyable, imaginer la détresse d’un équipage et de passagers sentant que leur dernière heure est arrivée : tout cela nous a aidé à imaginer l’ampleur de la catastrophe.

Les secours de l’époque ne retrouvèrent que quatre corps. Ils ont été enterrés non loin de la baie.

Tous les autres furent emportés dans la profondeur de l’océan.

Voilà, pour cette deuxième journée de notre road trip en Australie, l’histoire que j’avais envie de partager avec vous.

Demain, c’est la fin de la Great Ocean Road mais pas de notre road trip. Nous dormirons à Warramboole, charmante petite station balnéaire. Et ensuite, cap sur Portland avant de prendre la direction d’Adélaïde.

I love you. All of you. And Lulu.

#Australie #drame #LochArd #naufrage #MesRoadsTrips #Histoire #voyage

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